30 septembre 2020

 

La réserve nationale Pingüino de Humboldt est répartie sur trois îles : Chañaral, Choros et Damas. Protégée au niveau national, ce concentré de vie marine donne l’opportunité en toute saison d’observer de magnifiques espèces telles que des lions de mer, des grands dauphins, des baleines à bosses ou bleues, une quantité d’oiseaux et enfin, le manchot de Humboldt. Ces derniers sont présents dans le nord du pays et sur quelques îles et archipels de la région des lacs. Nous vous emmenons découvrir ces merveilles du Pacifique.

Pour connaître les trois îles de la réserve, nous avons réalisé deux voyages improvisés, l’un en été et l’autre en hiver. Ces deux expéditions dans la région de Coquimbo nous ont permis de tester l’environnement à deux périodes distinctes. Nous commençons notre premier périple sur les îles Damas et Choros.
À notre arrivée à Punta de Choros, le village semble désert. C’est l’hiver, nous sommes en hors saison, aucune agence n’est ouverte. Nous rencontrons sur le port des pêcheurs déchargeant leurs prises de la matinée. Ces derniers nous proposent gentiment de nous y emmener. Enthousiastes à l’idée de voyager avec eux, nous prêtons main forte pour décharger les cochayuyos, ces algues de mer tant appréciées par les côtiers.

Le trajet en barque est plutôt calme, nous débarquons sur l’île Damas. C’est la seule où il est possible d’accoster pour faire le tour de l’île, d’une durée d’une heure et demie environ. Son nom, l’île aux dames en français, provient de la forme des roches principales de l’île ressemblant à des silhouettes de femmes. Malgré le ciel un peu couvert, nous nous émerveillons face aux couleurs de l’eau, transparente, teintée d’émeraude et de turquoise. La plage, porcelaine, détonne avec la végétation apparente, composée de nombreux cactus et de plantes rampantes. Au cours de notre balade, nous apercevons de nombreuses espèces de cormorans, des goélands dominicains et un urubu à tête rouge, déguerpissant sur notre passage. Nous apprécions notre promenade, bien que nous ne puissions observer de près la faune locale. Nous sommes rappelés par les pêcheurs pour faire une halte sur l’île Choros.


Cette île, plus petite que la première, nous permet de voir de plus près les espèces environnantes qui se dissimulent dans les parois. Vu depuis l’embarcation, l’îlot est impressionnant. Les roches sont effectivement imposantes et nous apparaissent comme des réelles gardiennes de cette faune si précieuse. Nous entendons immédiatement le grondement de quelques pélicans, entourés de nombreux fou varié, cormorans de Gaimard, au bec rouge, et de Magellan. Un petit lion de mer dort paisiblement avec ses congénères. Nous remarquons que des parois plus profondes et s’apparentant à de hautes fenetres abritent encore de nombreux animaux…Cela rend l’observation plus difficile depuis l’embarcation.

Soudain, un des pêcheurs nous montre du doigt le bas de l’île. Nous distinguons des manchots d’Humboldt ! Une joie palpable nous envahit, nous nous sentons comme des enfants le jour de Noël. Étonnés de leur taille, nous ne pensions pas que ces manchots étaient aussi petits. Mesurant entre 50 et 70 cm, ils sont reconnaissables par leur bec épais, entouré de peau nue, ainsi qu’une grande bande blanche partant de la gorge jusqu’au ventre. Incapables de voler, ils étaient autrefois chassés pour leur chair et victime de l’exploitation du guano, ces excréments marins riches en phosphore et azote utilisés comme fertilisants. Grâce au phénomène El Niño, courant côtier saisonnier chaud équatorial, ils nichent sur les côtes chiliennes et péruviennes. Son espèce est actuellement menacée d’extinction, d’où la protection de leur habitat dans le pays. Nous les admirons, chanceux de pouvoir être si proches d’eux sans les effrayer. Nous tentons un détour pour observer un grand dauphin plus au loin, mais la mer commence à s’agiter, il est temps de retourner au port.


Nous retournons à la réserve pour un second voyage en été, cette fois-ci pour découvrir la dernière île qui la compose : Chañaral. Située à environ 6 kilomètres de la côte, c’est la plus grande mais aussi la plus éloignée des trois îles.  Quelques loutres et grands dauphins égayent notre sortie en mer, nous saluant furtivement. Nous nous arrêtons à la partie principale de l’île, là où se concentrent la grande majorité de la faune. La flore y est pauvre et broussailleuse. Nous entendons les puissants grognements des lions de mer qui se prélassent au soleil et se querellent pour passer. La scène digne d’une pièce de théâtre est très amusante !

Nous naviguons un peu plus loin pour voir les pélicans, les cormorans des Bougainville et quelques petites océanites de Wilson. La faune aviaire est considérable sur cette île. Nous retrouvons nos manchots préférés, cachés entre les roches. Nous nous attendrissons face à leur démarche et à leur attitude maladroite. Ils sont en effet beaucoup plus à l’aise dans l’eau, pouvant nager jusqu’à 30 km/h. Nous sommes enchantés de voir que toutes ces différentes espèces cohabitent pacifiquement sur l’île. Après plusieurs clichés photographiques, des explications supplémentaires sur le lieu et la faune qu’il abrite, nous devons rentrer.

Sur le chemin du retour, nous avons en bonus un magnifique panorama d’un troupeau de guanacos sauvages, vivant tout près de la route. Nous nous arrêtons pour les observer. La végétation teintée de vert et de rose rend le spectacle magique.

La réserve nationale Pingüino de Humboldt est un lieu qui mérite d’être visité lors d’un séjour dans le Nord du Chili. La côte chilienne réserve de belles échappées, qui changent d’ambiance et contrastent avec le désert de l’altiplano. Entre la possibilité de participer à des observations astronomiques et les nombreuses Pisqueria en chemin (où l’on fabrique le Pisco, l’alcool national), les villages alentours révèlent également de jolies surprises ! De quoi varier le temps d’un voyage !

 

Marilys T.

Carnet pratique

Quand y aller ? De préférence au printemps ou l’été c’est-à-dire entre octobre et avril. C’est à cette période que les plus chanceux peuvent apercevoir des baleines.

Comment y aller ? L’aéroport le plus proche est celui de la Serena, puis continuer en voiture en prenant la Route 5 vers le nord, 87 km jusqu’à la route D-110-C. Ensuite, se diriger vers l’ouest. Chañaral se trouve à 25 km de Punta de Choros, un service de transport existe depuis La Serena, à réserver avec anticipation. Pour se rendre sur les îles, certains pêcheurs acceptent d’emmener des passagers à prix réduits, mais sans garantie d’explications des lieux.

Conseils de voyage : nous vous conseillons de prendre les précautions nécessaires en cas de mal de mer et d’intempérie. En effet, le temps comme la mer sont variables sur le littoral. L’entrée coûte environ 7,5 dollars.

Un circuit ? Voyage dans la région de Copiapó ; Voyage dans le Nord du Chili

 

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