14 décembre 2018

 

Parmi tous les continents du monde, il n’existe pas de région plus prisée par les amateurs d’étoiles et d’astronomie que celle d’Atacama, au Chili. Avec la plus grande concentration d’observatoires scientifiques, c’est une région idéale pour observer le ciel, loin de toute pollution lumineuse et sonore, au cœur du désert le plus aride de la planète.

Les chasseurs d’étoiles ont probablement tous en commun de venir chercher ces dernières au nord du Chili, dans le désert d’Atacama. Avec une superficie de 104 000 km2 et une altitude allant jusqu’à 4600 mètres, c’est la zone la plus aride du globe, certaines parties du désert pouvant ne pas connaître de précipitations pendant plus de 50 ans. Pour toutes ces raisons, le désert d’Atacama est un lieu privilégié pour observer le ciel, ses étoiles, ses planètes et galaxies, de jour comme de nuit, à l’œil nu ou à travers la lentille d’un télescope. Nous avons décidé de partir à la découverte de ces terres isolées regroupant tous les plus grands observatoires internationaux de la planète.

Nous commençons notre voyage dans la capitale chilienne, Santiago. Nous consacrons notre première journée à parcourir la ville et ses richesses. Nous montons en haut du Cerro San Cristóbal, perché à 880 mètres, qui offre un point de vue magnifique sur toute la ville. En fin de journée, nous nous rendons dans l’ancien Observatoire Astronomique National, dans le quartier de Las Condes. Nous pouvons observer le ciel grâce à deux télescopes installés pour le public. Dans l’observatoire sont également présentés différents objets anciennement utilisés pour regarder les étoiles.

Le lendemain, nous prenons l’avion jusqu’à la Serena, au nord de Santiago. Nous sommes désormais au cœur du désert d’Atacama. Nous prenons tout de suite la route vers l’est, pour rejoindre la belle vallée de l’Elqui. Celle-ci est réputée pour la production de l’eau-de-vie nationale : le pisco. Cette liqueur à base de raisin est apparue lors de la colonisation espagnole et perdure aujourd’hui dans les cocktails chiliens. En effet, les vignes dans la région se développent particulièrement bien et sont très sucrées du fait d’un ensoleillement quasi permanent. Nous nous rendons dans le village historique de cette boisson, Pisco Elqui, pour une dégustation de la boisson nationale.

En fin de journée, nous partons vers l’observatoire Cancana, dans cette même vallée, pour observer les étoiles de nuit. Nous avons d’abord une explication par les astronomes présents sur les lieux, puis une observation à l’œil nu et enfin au télescope. Nous comprenons dès lors pourquoi le désert d’Atacama est si réputé en matière d’astronomie. Le ciel de la région présente une différence flagrante avec celui que nous pouvons voir n’importe où sur la planète : il est clair, transparent et dégagé. Il faut bien sûr éviter les observations en soir de Pleine Lune, cette dernière diffusant plus de lumière que dans d’autres régions du monde.

Le lendemain, nous allons visiter les alentours de Vicuña, toujours dans la vallée de l’Elqui. Nous découvrons le centre de la ville, la Plaza Mayor, le Cabildo et l’église de l’Immaculée Conception, le tout ayant beaucoup de charme. Nous visitons ensuite la petite maison d’enfance de Gabriela Mistral, à Montegrande, où elle est également enterrée. Gabriela Mistral (1889-1957) est l’une des plus grandes poétesses chiliennes. Institutrice issue d’une famille de paysan dans la vallée de l’Elqui, elle se fit progressivement une place de choix dans la littérature sud-américaine et fut la première femme et la première chilienne à recevoir le Prix Nobel de littérature en 1945 pour son œuvre.Le soir venu, notre chauffeur nous emmène visiter l’observatoire El Pangue, pour une expérience unique. Perché à 1478 m d’altitude, il est ouvert chaque jour aux visiteurs sauf la semaine du mois où la Lune est la plus lumineuse. Cet observatoire est tenu par deux astronomes français qui se font le plaisir de nous offrir une explication claire et détaillée de ce que nous allons observer. Nous pouvons regarder le ciel avec deux télescopes différents, très précis, qui offrent la possibilité d’apercevoir des astres invisibles à l’œil nu. Cette soirée est passionnante et riche en découvertes astronomiques.

Notre voyage se poursuit dans la ville de la Serena, à l’extrême Ouest de la région, au bord du Pacifique. C’est la capitale de la région de Coquimbo. Notre journée est consacrée à la visite de la ville et au farniente sur les belles plages chiliennes. Nous nous arrêtons sur le marché Recova, au cœur de la ville, qui offre un large choix d’objets artisanaux venus de tout le nord du Chili, et même de Bolivie et du Pérou. En outre, nous découvrons une multitude d’objets en lapislázuli, pierre semi-précieuse dont la région regorge. Nous partons en fin de journée vers la Hacienda los Andes, petit cocon perché dans la région de Río Hurtado, près de La Serena. Cet hôtel intimiste possède un parc de 500 ha qui nous permet de nous reposer un peu. Le soir venu, l’hôtel nous propose un passionnant atelier de formation à la photographie astronomique, un domaine de compétences rares mais pourtant praticable par tous, grâce aux conseils avisés des guides de l’activité. Une fois de plus, nous avons le droit à un ciel étoilé magnifique pour entrainer nos yeux à la photographie nocturne.

Pour terminer ce beau voyage, littéralement dans les étoiles, nous partons le lendemain à 150 km au nord de la Serena, visiter l’observatoire scientifique de La Silla. Celui-ci fut le premier ESO, Observatoire européen australe ; il est aujourd’hui rejoint par le Paranal et le dernier né sera l’ELT, Extremely Large Telescope, en construction actuellement. L’observatoire de la Silla est perché à 2400 m d’altitude ; il n’accueille les visiteurs que le samedi, étant avant tout un lieu de recherche pour les scientifiques européens. Dès lors, nous le visitons l’après midi et ne pouvons donc pas observer le ciel, mais les infrastructures en elles-mêmes ont beaucoup d’intérêt. Nous avons la chance de voir les derniers télescopes, qui sont parmi les plus performants du monde et rencontrons également des astronomes qui nous expliquent leur travail et le rôle de l’observatoire. C’est au sein de celui-ci qu’ont été découvertes la plupart des exo-planètes, planètes situées en dehors du Système Solaire. Ce qui est impressionnant ici, c’est de voir l’ampleur des installations astronomiques en plein cœur d’un désert si grand et aride.La découverte des observatoires du désert d’Atacama est un voyage inattendu au Chili. Dans une région magnifique et pleine de richesses naturelles, nous découvrons un monde scientifique intriguant et mystérieux. Les étoiles d’Atacama ne cessent d’attirer les visiteurs et les scientifiques du monde entier, il est vrai qu’elles sont particulièrement visibles et ce dans des conditions d’observation parfaites, entourés de professionnels de l’astronomie. Un trésor à découvrir autant pour les passionnés que pour les novices en matière d’étoiles, qui ne manque pas d’impressionner et de faire rêver.

 

Joséphine Boone

Carnet pratique

Comment y aller ? Vol Santiago/La Serena 1h

Où dormir ? Hacienda Los Andes, Hacienda Santa Cristina

Un circuit ? Astronomie, balnéaires et vins au coeur du Chili

 

Diaporama

Découvrez tous nos articles

error: Content is protected !!